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Ils en sont qui savent très bien avancer,
mais d’autres : les champions du recul !
Analyse de Réal-Jean Couture
La nouvelle saison de hockey senior au Québec s’annonce pour
le moins intéressante dans certains circuits où dirigeants
et propriétaires ont su – en période estivale – mettre les
pieds sur terre et faire face à la musique de manière
sérieuse, réelle, concrète.
Ainsi, quand je vois que la LCH – AAA, a bien débuté sa 29e
saison avec des assistances quasi record, on peut dire que
malgré la perte d’une franchise et l’ajout d’une autre, le
produit est tel que jamais les assistances de début de
saison ont été aussi intéressantes.
Des moyennes de 1 417 à Jonquière, 1 196 à Rivière-du-Loup
et 1 157 à Montmagny ont de quoi faire sourire, comme les
951 à Shawinigan, les plus de 800 à La Pocatière, Charlevoix
et Sainte Marie. Reste Pont-Rouge avec ses 661 qui laisse
poindre des interrogations, mais on est trop tôt en saison
pour s’inquiéter.
LA LNAH SUR LE BON CHEMIN…
Dans la LNAH, quelque 14 matchs préparatoires ont été
présentés à ce jour et s’il nous manque les chiffres dans un
match à Saint-Jean, on nous annonce malgré tout 6 des 13
autres matchs à plus de 2 000 spectateurs, ou encore 9 des
13 avec plus de 1 800, chiffre que l’on a établi comme
‘break even’ dans les officines du circuit Gaudette.
Et les forums ne rapportent pas, contrairement à l’an
dernier, des situations abracadabrantes qui ternissent
l’image non seulement de ce quasi nouveau circuit dit
professionnel, mais aussi la beauté de ce sport. Touchons du
bois pour que ça continue. C’est trop bien parti pour que
tout se brise par la mauvaise fois de l’un ou de l’autre.
Quand je réalise les assistances à Saint-Georges et Thetford
Mines notamment, des franchises à démarrer sur le tard aux
yeux de bien des amateurs, je me dis que l’amour du sport et
le sentiment d’appartenance du public partisan l’emportent
sur les interrogations, les doutes. Peut-être que,
finalement, on parviendra à sauver les meubles.
… COMME LA LIGUE DE L’ESTRIE…
Je suis obligé d’ajouter de l’optimisme dans le dossier du
hockey senior en Estrie. Le président Raymond Livernoche a
pris le taureau par les cornes et amené son circuit à se
donner un plafond salarial de 2 000 $ par match, devant les
ambitions soit de certains joueurs à la panse gourmande,
soit devant certains dirigeants d’équipes qui oubliaient que
le Senior A, c’est encore un loisir…
… Et rien qu’un loisir. Pas le refuge de joueurs qui veulent
se cacher du ministère du Revenu en quittant les grands
circuits pour gagner autant en dessous de la table ailleurs.
En travail au noir. Il n’y a rien de gagné, d’assuré avec ce
règlement adopté en urgence il y a peu. Mais la prise de
conscience dès la découverte de l’abcès est un bon signe.
… ET CELLE DU SAGUENAY/LAC-ST-JEAN/CÔTE-NORD
Tout comme il est heureux de constater avec quel sérieux la
LHSNEQ – Saguenay/Lac-St-Jean/Côte-Nord – a finalement
réussi à sauver ses billes. Il y a si peu de temps, il n’y
avait plus rien de ce circuit AAA de l’an dernier. Mais les
prises de conscience à Alma, Chibougamau, Roberval et
Forestville ont finalement réussi à régler toute cette
incertitude qui risquait de coûter une saison à cette vaste
région.
Je suis loin d‘être convaincu que l’ajout de Betsiamites
soit une si bonne chose, sauf que, pour le moment, cela
pourrait rentabiliser Forestville qui était seule dans son
coin, et aussi rendre encore plus attrayants les voyages des
équipes d’en haut qui pourront jouer 2 matchs au lieu d’un,
sur la Côte-Nord. Le président Maltais a la tête dure, et
cela a rapporté. J’espère qu’une fois les meubles
définitivement sauvés, on s’en souviendra.
Les gens heureux n’ayant pas d’histoire, on n’entend pas
parler des ligues senior du Richelieu, de celle de la région
de Montréal ni de celle de la Mauricie. À croire que tout
s’y passe bien et, ensemble, souhaitons qu’il en soit ainsi
jusqu’au mois d’avril.
Fin des lunettes roses ! Et puis non. Elles ne sont pas
teintées. Pour mieux voir la réalité.
LE RECUL DANS L’INCOHÉRENCE !
Mais… parce qu’il faut un mais… Je suis tombé à la renverse
devant ce qui se passe dans l’Est du Québec. Voici un peu…
1. la fusion des deux ligues – des Côtiers et LHSEQ – ne
s’est pas faite. Grosse erreur qui maintient le stade du
chantage et de la surenchère au niveau des joueurs et
diminue la masse critique de joueurs ‘locaux’ pour plusieurs
des formations qui doivent faire des entourloupettes pour se
trouver des ‘faux locaux’ ou encore des ‘importés’. Ces deux
dernières catégories coûtent cher, très cher
2. les deux ligues décident de jouer à cinq clubs chacun,
sauf que si les Côtiers font leur deuil de la région de
Paspébiac/Bonaventure – parce que pas assez de joueurs – la
LHSEQ va de l’avant en y créant une franchise qui est
propriété de la ligue et qui relèvera de la bonne
compréhension et de la générosité des autres clubs.
3. mais il n’y a pas de joueurs. Je l’ai écrit, répété, mais
c’est pas grave. On ne veut pas jouer à 4 clubs. On trouvera
bien une solution… Pendant ce temps, les dirigeants de
Paspébiac tendent des perches aux joueurs de l’autre côté de
la Baie des Chaleurs, au Nouveau-Brunswick, mais c’est
tellement fait tout croche que la Ligue du NB se fâche et
décide de ne pas accorder de libérations à ses joueurs. Il
faut dire qu’elle n’est pas en reste non plus, la situation
démographique de ce secteur de la province voisine n’étant
pas meilleure que dans la Baie des Chaleurs
4. on a tout essayé, offrant même 500 $ par match plus
dépenses à un ‘goon’ et ± 360 $ par match plus dépenses à un
entraîneur et tout en dessous de la table. Qu’est-ce qu’on
offre aux autres ? (j’ai le # du ministère du Revenu, si
vous le voulez)
5. devant cet état de chose, la LHSEQ fait appel à Hockey
Québec et Hockey NB, prétextant qu’une ligue ne peut
empêcher ses joueurs de graduer du A au AA, même si c’est
chez les voisins, dans la province voisine, même si ça doit
mettre en péril la ligue d’origine, même, même, même… Mais
ça ne marche pas. Les listes de protection des équipes au
senior sont ‘sacrées’ et nulle équipe n’est obligée
d’accepter de s’affaiblir pour une question d’offres
monétaires irréalistes à ses joueurs, sous le couvert de
graduer du A au AA
6. échec et mat donc pour la LHSEQ. Pas de joueurs pour
Paspébiac. La LHSEQ se voyant quasi prise à jouer à quatre,
annonce le grand coup : on quitte Hockey Québec et on jouera
sans être affilié. Pour tout de suite. Peut-être que l’an
prochain, on retournera à Hockey Québec, peut-être avant,
dit le président. Mais là, on prend une décision d‘affaire,
qu’il dit. Pour permettre à nos équipes de recruter de
l’autre bord de la frontière ou même dans les équipes
fédérées de Carleton et de Causapscal, sans compensation,
sans libération, sans négociation, on quitte Hockey Québec.
Ainsi, on sauve une franchise et on sauve notre ligue. Au
diable les autres. – Ça, il ne l’a pas dit.
Mais avait-il besoin de le dire ?
Donc, pour sauver une équipe qui n’a pas de joueurs, on
quitte une fédération, on entre en guerre ouverte avec au
moins une autre ligue, on place les fédérations de deux
provinces en porte à faux, on annonce qu’on alignera des
joueurs ‘affiliés’ provenant de la ligue junior AA qui elle,
est fédérée et quand la situation sera claire, on retournera
avec Hockey Québec l’an prochain, ou avant. Mais quelle
cohérence !!!
Alors que les autres ligues au Québec font tout – avec la
perte de 20 à 25 clubs et d’une ligue majeure – pour établir
la paix, ralentir les appétits financiers et raffermir la
réglementation, on fait très exactement le contraire dans
l’Est ! On a d’abord décidé que le ‘bon hockey se fait
obligatoirement avec la ligne rouge du centre’ – alors que
ça n’existe plus ou presque en Amérique du Nord et dans les
‘Europes de ce monde’. La première région au Québec à avoir
aboli la rouge au hockey majeur est la première à retourner
en arrière. Même la LNH ne l’a plus. À croire que personne
ne connaît ça, sauf la LHSEQ…
Et alors que tout le monde cherche à se retrouver sous un
parapluie de protection, de réglementation et de
coordination, l’Est du Québec se sépare, fait bande à part,
mais on reviendra peut-être avant longtemps. On divorce,
mais on n’est pas en chicane. On se sépare, mais on reste
membre de la famille. On vous aime ben quand même. C’est pas
nouveau au Québec de parler de même, mais là, c’est un peu
fort.
C’est donc dire que depuis samedi, tous les joueurs de
toutes les ligues au Québec peuvent être recrutés sans
compensation par la LHSEQ comme toutes les ligues fédérées
ne sont plus tenues de respecter les listes de protection
des équipes de Chandler, de Matane et d’Amqui, sans
compensation. Ça va bien !
Pas surprenant que Paspébiac annonce déjà que Paul Shantz de
la LCH – en Beauce – ira jouer quelques parties dans ce
circuit non fédéré cet hiver. Il y en aura combien comme ça
qui vont faire la navette ? Et à quel prix ? Et s’ils s’y
blessent ? Et ils pourront y faire les fous tant qu’ils
voudront, les suspensions ne peuvent se transférer, étant
affaires des équipes non fédérées avec des joueurs fédérés.
À moins que les ligues fédérées du Québec et du NB décident
d’un règlement suspendant pour de 2 à 3 ans tous les joueurs
qui auront le culot d’aller prendre des chances dans un
circuit non fédéré. On ne les empêche pas d’y aller. Mais on
décidera de quand ils pourront revenir. On n’est pas obligés
d’encourager la putasserie. L’auto-protection, ça existe pas
rien qu’avec des capotes !
Que fera-t-on de la réglementation de Hockey Québec qui
interdit à un fédéré de participer à une compétition non
fédérée ? Que fera-t-on des arbitres ? On va les laisser
faire les ligues fédérées et les ligues non fédérées ? À ce
compte, à quoi sert la Fédé ? Et laissera-t-on le secrétaire
régional de Hockey Québec demeurer secrétaire et registraire
de la ligue non fédérée ? Si c’est pas bon pour les joueurs,
ça ne doit pas l’être pour les officiels et les officiers,
non ?
Et on fait quoi, si ces non fédérés recrutent les jeunes de
18-19-20 ans qui devraient être dans le junior AA local et
régional ? Parce que la règle du joueur affilié ne tient
plus. Ce circuit de la relève est gravement menacé !
On viendra me dire que j’ai déjà souhaité voir le circuit
senior régional quitter Hockey Québec, du temps de ma
présidence. Oui, mais à la condition qu’il y ait un
regroupement de toutes les ligues senior sérieuses et qu’une
entente se fasse avec Hockey Québec pour le support
technique et d’appel en cas de discipline. Mais pas une
désaffiliation pour le plaisir de se désaffilier !
Non ! Toute cette affaire ne me dit rien de bon. Car la
prémisse est faussée à la base. Créer une nouvelle équipe
pour sauver une ligue à quatre – et en faire une à cinq –
mais en le faisant sur le dos des autres, je ne marche pas.
Déshabiller le NB pour habiller Jean-Maurice, ou Langis, ou
Gérard, ou Nelson, ou Samer ou même Francis : c’est pas
comme ça qu’on bâtit l’avenir. Riez pas, c’est ce qu’ils
font aux gens du NB notamment et principalement. De gré, ou
de force !
Ils ne veulent pas libérer leurs joueurs ? On va aller les
chercher quand même. Tant pis pour eux-autres. De toutes
façons, on est supérieur. On est du AA pis eux autres, rien
que du A. Ouais. Du AA quoi ? À 30 % ? À 50 % ? Et de toutes
façons, rien ne donne le droit à la dictature. Or, cette
façon de procéder ressemble étrangement à de la dictature,
non ?
C’est comme décider de tourner le dos à André, en lui disant
qu’on va coucher ailleurs, mais dérange pas ma chambre. J’va
r’venir. J’sais pas quand, mais peut-être la semaine
prochaine ou dans trois mois, ou dans un ans. Riez pas.
C’est ça qu’ils font à André Lalonde de Hockey Québec.
CONCLUSION…
Ils feront bien ce qu’ils veulent. Nous, on est là pour
couvrir du hockey. S’ils veulent faire du hockey comme ça,
on n’y peut rien. Si on a ce qu’il faut, on va les couvrir.
Mais cela n’empêche pas que cette façon de faire ne peut pas
me convaincre que ce soit la bonne, bien au contraire. À
courte vue, le 27 octobre, la saison va commencer. Mais
après…
En attendant, Hockey Québec prendra-t-elle ses
responsabilités et saura-t-elle se faire respecter quant à
cette agression ‘légale mais immorale’ contre ses instances,
ses règlements, ses membres et ses cousins des autres
provinces ? Ou laissera-t-elle le pouvoir de l’argent
continuer à réduire le hockey senior à l’esclavage ?
Car un laisser aller cette fois serait la porte ouverte à un
abus tel que notre organisme de régie sera réputé avoir
perdu le contrôle d’un grand pan de mur de ses troupes. Et
un silence et/ou une absence d’action énergique – comme
laisser les officiels faire les fédérés et non fédérés, et
les officiers faire les fédérés et non fédérés, et les
joueurs jouer chez les fédérés comme les non fédérés –
aurait alors des airs de prostitution malsaine, éhontée
même, pour l’avenir de notre sport.
Et à ce niveau, Hockey Québec ferait la preuve en noir sur
blanc que, pour les adultes, elle n’est là que pour cueillir
leurs argents, les inscriptions. Pour le reste,
arrangez-vous. Ce ne serait pas très brillant ! Puis-je
souhaiter que, comme moi, les gens de Hockey Québec croiront
que le HOCKEY mérite mieux et plus que ça ?
Note : j’apprécie vos commentaires au
infini@ri.cgocable.ca
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