|
Hockey
senior : doit-on aimer ce qu’on y voit ???
Réal-Jean Couture
21 août 2006 - Ça ne va pas si mal, au hockey senior au
Québec dans le moment présent, du moins, dans la LNAH et la
LCH. Les nouvelles pleuvent à tous les jours et les
rencontres des équipes avec leurs partisans – tournois de
golf, 5 à 7 et autres – se succèdent à un rythme accéléré et
ce ne sont pas les amateurs qui s’en plaignent. À certains
égards, j’aime ça, et vous aussi, j’en suis persuadé.
Et les camps d’entraînement sont de plus en plus près, les
signatures de joueurs se succèdent à un rythme d’enfer dans
au moins les deux circuits majeurs – LNAH et LCH – et on
insiste sur la vente des billets de saison. Tout ça, c’est
dans l’ordre des choses et bravo. C’est au moins signe qu’il
y aura du hockey senior ‘majeur’ au Québec cet hiver.
Dois-je dire ‘pour commencer l’hiver’ ? Méchante question,
direz-vous, mais en voici la cause…
a) il est clair que le rythme adopté par les équipes dans la
signature des joueurs laisse poindre des interrogations
quant à l’utilité des camps d’entraînement à venir. Car pour
plaire à certains amateurs et favoriser les ventes rapides
de cartes de saison, on se dépêche, on court même, vers les
signatures de joueurs et on les annonce avec grande
publicité. C’est de bonne guerre, sauf que…
On a beau en annoncer, il n’en demeure pas moins que pour
certains amateurs, ce n’est jamais assez – lisez les forums
et vous verrez – de sorte qu’on en signe encore et encore et
lorsque les camps vont ouvrir, il n’y aura plus de place.
Donc, ce ne sera pas pour ‘découvrir’ des nouveaux joueurs,
pour renforcer le club, mais pour mettre les joueurs ‘un peu
en forme’ et tenir des matchs préparatoires pour remplir un
peu le compte de banque pour parer aux mauvais jours de la
saison
On fera quoi du déversement de joueurs de qualité de la
LHJMQ – les 20 ans en surplus- de même que des joueurs
retranchés en octobre par les circuits professionnels
mineurs où, là aussi, il y a moins d’équipes ?
b) il est aussi très clair que les notions des plafonds
salariaux deviennent de plus en plus de la foutaise, de la
grosse poudre aux yeux des amateurs. On ne me fera pas
croire, avec les signatures qui s’annoncent ici et là que la
LNAH verra toutes ses équipes respecter les 8 250 $ au max
de salaires par match. Il y a des salaires très élevés dans
ces joueurs qui se signent, nonobstant le fait que certains
acceptent des diminutions majeures sur ce qu’ils gagnaient
l’an dernier.
Mais pire encore : sans être dans les secrets des dieux,
vous pensez réellement que le déferlement de certains hauts
salariés de la LNAH vers les équipes de la LCH-AAA se fait à
des prix ‘raisonnables’ ? Y’a pas beaucoup d’assistances à 1
500 et 2 000 personnes par match dans ce circuit. La
signature en fin de semaine de Sylvain Blouin à Sainte-Marie
allume des questionnements majeurs qui même ouvrent la porte
à des allégations qui font peur.
Dans ce circuit, une équipe notamment me confirmait que son
plafond salarial sera de 5 000 $ par match. Donc des profits
obligatoires par match local de 10 000 $ uniquement pour les
salaires – car il faut compter un match sur la route par
partie locale. C’est des sous, ça, Monsieur. À part les
autres dépenses. Dans un circuit dont les moyennes
d’assistances globales en saison l’an dernier sont de 758,81
personnes par match, il y a de quoi se poser une ou deux
questions, non ?
Et la plus importante : combien d’équipes pourront suivre
cette cadence, et pendant combien de temps ?
Je sais. Il s’en trouvera pour me dire ‘prophète de
malheur’, mais dans les deux questionnements ci haut,
donnez-moi des arguments qui puissent me convaincre que
‘tout est beau dans le meilleur des mondes’ et que les
nouveaux propriétaires de certaines franchises, comme
Jonquière, La Pocatière et Pont-Rouge notamment dans la LCH
sans oublier Saint-Hyacinthe, Thetford Mines et
Saint-Georges dans la LNAH se sentent à l’aise dans ce
tourbillon financier qui n’a rien à voir avec leur passion
première : faire du hockey !
La semaine dernière, celle d’avant et toutes les autres
depuis quasiment un an, je recommande à la LNAH de se donner
un mécanisme solide, indépendant, qui surveille et
sanctionne le plafond salarial, pour éviter les débordements
et – du même coup – que certaines formations en mettent
d’autres dans le péril par le non respect des normes.
Cette mesure n’est toujours pas satisfaite et je pense
sincèrement que Me Michel Gaudette doit – avec ses
gouverneurs et propriétaires – prendre les moyens
nécessaires pour assurer la pérennité de ce circuit par
cette mesure essentielle. Il y a eu suffisamment de pertes
de franchises dans les 3 ou 4 dernières années dans ce
circuit et il faut maintenant, avec un circuit ‘raisonnable’
à 8 clubs, y aller de gestes qui assurent la crédibilité des
formations et de la ligue vers les années à venir.
Pendant ce temps, je crains fort que notre ami Clément
Vallières dans la LCH devra passer aussi par ce moyen pour
exercer au moins une surveillance sur les comptes de banques
élastiques de certaines formations chez qui, certains
dirigeants exercent la théorie de la ‘grenouille qui veut
devenir aussi grosse que le bœuf’. La LCH, c’est pas la LNAH
et ne pourra pas le devenir. Elle ne dispose pas des marchés
pour ce faire et ce n’est surtout pas sa vocation.
Et oubliez ce que demandent certains amateurs des forums :
une intervention de Hockey Québec et/ou Hockey Canada dans
ce chapitre. Ces deux organismes de régie ne toucheront pas
à la notion des caps salariaux des équipes car – en principe
– on parle ici de circuits ‘amateurs’ où personne n’est
sensé être payé. Les deux organismes de régie n’ouvriront
donc pas la Canne de Pandore.
Il appartient aux organismes – clubs et/ou ligues – de se
discipliner, pour peu qu’ils voudront le faire. Le
veulent-ils ???…
.- Ailleurs, la LHSEQ tiendra son assemblée générale
annuelle le dimanche 27 août prochain à Amqui. Il faudra
voir ce qui s’y passera, mais que de questions suite au
désistement de celui qui a été approché et qui a accepté de
prendre la direction de l’équipe de Paspébiac. Steeve
Poirier s’étant retiré, il n’y a pas encore de promoteur, de
personne imputable et pas de cahier de charge et un bassin
de joueurs plus que limité pour cette équipe qui n’a pas
participé à la dernière réunion d’organisation de la ligue…
.- Toujours dans la LHSEQ, l’annonce de plafond salarial à 2
800 $ par match a de quoi en inquiéter, surtout si la ligue
ne compte que quatre formations : Chandler, Amqui, Matane et
Trois-Pistoles. Comment feront Chandler et Trois-Pistoles,
sans rivalité naturelle, pour avoir des assistances décentes
pour aller chercher des profits de ± 8 000 $ par match et
ainsi assurer leur survie ?
.- Toujours dans la LHSEQ, le calendrier débutera
officiellement vers la fin d‘octobre après la saison de la
chasse et comptera 28 matchs au lieu des 32 de la saison
dernière. Le mode des séries n’est pas arrêté, vu qu’on ne
sait pas combien il y aura de clubs dans ce circuit. La
limite des joueurs importés est aussi portée officiellement
à trois (3) par équipe et la définition du joueur local est
élargie pour faire en sorte que tous les joueurs résidant
dans les régions Bas-Saint-Laurent et Gaspésie/Les Iles
seront considérés comme ‘local’. Bonne nouvelle s’il en est
une. J’avais recommandé cette solution dans les années
passées, mais la ‘surprotection’ des territoires avait fait
que ce fut rejeté. Il n’en demeure pas moins que si cela se
fait, il faudra en prévoir des mécanismes pour éviter que la
‘surenchère’ s’installe au sein même de ce fragile circuit…
.- Dans la LHSNEQ, toujours rien de neuf si ce n’est que ce
circuit attend des nouvelles d’Alma pour rejoindre Roberval
et Chibougamau. Une ligue à trois ? Pas possible. Aussi, on
tente de voir la possibilité de remplacer Forestville par
Betsiamites si jamais la première décide effectivement de ne
pas jouer. Quel fouillis. Mais Marcel Maltais, président, a
bien confiance de tout régler ça cette semaine…
.- Dans la Ligue des Côtiers, toujours pas de nouvelles
officielles, mais il y a réunion ce mardi 22 pour les
dossiers comme le calendrier et autres données majeures avec
les cinq équipes officielles que sont Murdochville,
Sainte-Anne-des-Monts ou Cap Chat, Grande Rivière, Gaspé et
Rivière-au-Renard…
.- Dans la LHSP de l’Estrie, ça signe à tours de bras et les
Aztèques d’Asbestos notamment sont très actifs dans les
derniers jours. Ce circuit à neuf équipes semble savoir où
il s’en va. Enfin, de toutes évidences, il se tient loin de
la controverse publique. S’il peut avoir à l’œil lui aussi
la notion salariale…
J’apprécie vos commentaires au infini@ri.cgocable.ca
|
|
|
|